Motocyclettes Austral
...et aussi les tricars, les bicyclettes, la Nautilette...

1924 Type A24



 

détail de la publicité en haut de la page. Le vélomoteur Austral type A-24, 1924 (agrandir)

Le 5 décembre 1923 la Société Austral sollicite un rendez-vous aux Services des Mines afin d'y faire réceptionner une bicyclette à moteur dénommée "Vélomoteur Austral". Il s'agit du type A-24 dont voici les caractéristiques techniques selon la description du type:

Cadre: en tube d’acier soudé à l’autogène
Moteur: à essence deux temps de 123,6 cm³
Puissance: 2 CV
Alésage x course: 54 x 54 mm
Régime: 2500 tours par minutes
Carburateur: à pulvérisateur et niveau constant commandé au guidon
Allumage: par magnéto haute tension
Transmission: La transmission du moteur à la roue arrière s'obtient:
1° réducteur de vitesse faisant corps avec le moteur et composé d'un pignon de 22 dents claveté sur l'arbre moteur et d'un pignon de 58 dents, soit un rapport de 1 à 2,636.
2° au moyen d'un pignon de chaîne de 12 dents, calé sur le même arbre que le pignon de 58 dents du réducteur de vitesse et d'un autre pignon de 52 dents calé sur le moyeu de la roue arrière et reliés ensemble par une chaîne, soit un rapport de 1 à 4,333.
Vitesse: la roue motrice ayant un diamètre de 65 cm, la vitesse maximum de la machine est donc à 2500 trs du moteur de 29 km/h. Cette vitesse peut être réduite de 6 à 8 km/h par la fermeture partielle du boisseau d’admission des gaz moteur.
Commande de la machine: La mise en marche de la machine se fait au moyen de pédales actionnant la roue arrière dans les mêmes conditions que sur une bicyclette.
Arrêt: L'arrêt du moteur est obtenu: soit en soulevant une soupape, placée au fond de la culasse au moyen d’un levier placé à gauche sur le guidon, soit en fermant complètement le boisseau d’admission des gaz du moteur au moyen de la manette décrite ci-dessus.
Frein: Frein à double patins sur étrier agissant sur la roue arrière, l'étrier est fixé sur la fourche arrière du cadre et est commandé par une commande à système BOWDEN.
Frein similaire sur la roue avant.
Échappement: les gaz d'échappement sont évacués par un tube de 26 mm intérieur terminé par une boite à chicane hélicoïdale système JOHEST.
Débrayage: le moteur est en outre muni d’un système de débrayage constitué par un segment extensible, placé à l’intérieur du pignon de 58 dents du réducteur de vitesse et commandé par une manette au guidon.

Le type A-24 fut homologué le 10 Décembre 1923, la machine de l'essai portait le numéro de série 103 à moteur N° 876.



plaque Austral sur le moteur PS d'un vélomoteur type A24
 

Le moteur P.S. 125 cm³
 
Pour le vélomoteur A 24, Austral se tourne vers le motoriste Poinsard & Sivigny, sis 5, rue du Pré Saint-Gervais, à Pantin. Cette entreprise, fondée le 31 décembre 1921 par l'ingenieur Jean Poinsard et le financier Eugène Sivigny, disposait d'un moteur très fiable et performant, qui s'avait déjà illustré en compétition dans les années 1922 et 1923.
 
Étienne Chéret, Jean Poinsard en 1923 avec des motos Mascotte
22 juillet 1923, Montargis: l'équipe Mascotte-P.S. du GP de France: Étienne Chéret à gauche, Jean Poinsard à droite. (source: Gallica, BNF)
 
Malheureusement, l'entreprise de Jean Poinsard et Eugène Sivigny est dissoute le 10 mai 1924.
 
Liquidation Poinsard et Sivigny, mai 1924
 
La description suivante du moteur et du système de débrayage se base sur des photos fournies aimablement par Hans Pessink. Un grand merci à lui!
 
Ce deux-temps est de conception classique à trois lumières et précompression dans un carter de faible volume. Un lourd volant extérieur assure la régularité de la marche. Le moteur est disposé en carré: alésage x course 54 x 54 mm, soit 123,6 cm³. Puissance administrative: 2 CV, la puissance réelle, délivré à 2500 tr/min, est de 1 ½ HP (selon le catalogue P.S.). Carburateur Longuemare de 16 mm, allumage par magnéto Salmson.
 
le moteur P.S (Poinsard et Sivigny) du vélomoteur Austral A24 de H. Pessink
 
Le carter en aluminium s'ouvre dans le plan de joint vertical. Le vilebrequin, qui tourne sur deux roulements à billes, est fait d'une seule pièce. Comme la bielle est du type à œil et roulement à galets, le vilebrequin ne possède qu'un flasque, ce qui permet de monter la tête de bielle du côté opposé, tout comme sur le moteur auxiliaire Lutétia. Le montage des galets se fait via un évidement dans le vilebrequin au niveau du maneton, qui est bouché ensuite par une plaquette tenue par une vis (ci-dessous).
 
 
Le cylindre à simple échappement est en fonte et borgne, c'est-à-dire que la culasse n'est pas détachable. Elle porte une soupape de décompression reliée par un tuyau au tube de l'échappement, qui à son tour termine par un silencieux à chicane hélicoïdale système Johest.
 
moteur P.S. de l'Austral A24 de H. Pessink
 
les pots d'échappement Johest
(agrandir)


La transmission

La moitié gauche du carter moteur porte le logement du démultiplicateur et du pignon entraînant la magnéto Salmson.
 
moteur Poinsard et Sivigny, transmission
 
Sur la photo on reconnaît le pignon de sortie de 22 dents claveté sur l'arbre moteur (A), le pignon réducteur de 58 dents (B), ce qui donne une démultiplication de 1 à 2,636, ainsi que le pignon entraînant la magnéto (C). Ce dernier possède également 22 dents afin que la magnéto tourne à la même vitesse que l'arbre du moteur deux-temps. Sur l'axe du pignon réducteur, à l'arrière du carter de transmission, est calé le pignon de chaîne de 12 dents (ci-dessous), qui, à son tour, est relié par la chaîne de transmission à un pignon de 52 dents calé sur le moyeu de la roue arrière pour obtenir un rapport de 1 à 4,333.
 

La photo montre le carter moteur gauche et celui du réducteur, les deux reliés par l'arbre commun du pignon réducteur de 58 dents et du pignon de chaîne de 12 dents, dont la moitié est visible sur la photo.
 
La transmission est dotée d'un système de débrayage constitué principalement par un segment extensible, placé à l'intérieur du pignon réducteur.
 
On distingue la plaquette extérieure à gauche, le segment extensible au centre et le pignon réducteur à droite.
 
 
Les photos ci-dessus montrent l'embrayage assemblé à gauche, tandis que sur la photo de droite la plaquette extérieure est enlevée pour laisser à la vue le mécanisme qui écarte les extrémités du segment.
 
 
Une petite tige cylindrique en acier glisse le long d'un canal pratiqué radialement dans un flasque monté à l'intérieur du segment sur l'arbre du pignon réducteur. Cette tige pousse un petit rouleau dans une piste en forme de V constituée par les extrémités du segment. Le segment étendu, le pignon réducteur devient solidaire avec le segment et l'arbre portant le pignon de chaîne. L'embrayage est embrayé. Une clavette d'arrêt rectangulaire (flèches) logée dans une encoche pratiquée du coté opposé de la tige dans le flasque central et le segment rend celui-ci solidaire avec le flasque central qui, lui, entraîne l'arbre creux (ci-dessous) et le pignon de chaîne.
 
Flasque central avec l'arbre creux de transmission. On distingue le canal de la tige et même la petite boule en acier (flèche)
qui pousse la tige vers l'extérieur.
 
 
La photo montre l'arbre creux (en haut) et la tige (en bas) qui actionne l'embrayage en se déplaçant à l'intérieur de l'arbre.
 
 
La tige d'actionnement est maintenue en place dans le logement adjacent du carter moteur et elle se déplace contre la pression du ressort hélicoïdal (B), qui, à son tour, prend appui d'un côté sur une coupelle solidaire avec l'arbre de transmission dans ledit carter (ci-dessus, au centre) et de l'autre côté sur un écrou en forme de coupelle de ressort (C) qui est vissé sur la queue de la tige et sécurisé par une goupille fendue. De cette manière, tout l'ensemble tourne avec l'embrayage et l'arbre de transmission, qui, lui, s'appuiera sur un roulement dans le carter.
 

Sur l'extrémité élargie de la tige d'actionnement est usinée une rampe en forme d'un plan incliné (Pi) qui se termine dans un plan droit (Pd). Quand on actue la manette de l'embrayage placée au guidon, la tige se déplace contre la pression du ressort, de sorte que le plan droit se trouve face à la bille et celle-ci n'exerce aucune pression sur la petite tige cylindrique et le rouleau qui écarte le segment extensible. L'embrayage est débrayé. Si, par contre, on lâche doucement la manette, la pression du ressort déplace la tige vers sa position originale et la rampe inclinée commence à pousser progressivement la bille, et par conséquent, le rouleau vers l'extérieur, jusqu' à ce que le segment soit écarté complètement et l'embrayage soit embrayé. Malheureusement, les photos ne montrent pas à sa place à l'intérieur du carter le mécanisme transmettant à la tige le petit mouvement rotatif de l'axe de commande (ci-dessous) qui passe à travers le carter extérieur. C'est apparemment la mission du flasque A, qui doit être fixée sur l'axe de commande au moyen de la clavette ronde visible sur la photo ci-dessus, à droite. On peut discerner sur ce flasque A deux petites rampes (r) qui servent à transformer le petit mouvement rotatif de celui-ci en un mouvement linéaire de la tige en exerçant une pression sur le ressort hélicoïdal (B).

 

Les photos montrent le côté droit du moteur et l'axe de commande de l'embrayage, sur lequel est vissé le levier actionné par le câble Bowden. Tous les trois vélomoteurs A-24 d'Hans sont équipés d'une magnéto Salmson.

 

La fourche
 
La fourche élastique "Résisto" à ressort demi-Cantilever équipait aussi l'Austral 2HP½ et le type B25 ainsi que les modèles du millésime 1926.
 

vélomoteur Austral type A 24, fourche, suspension à lames

 


vélomoteur A24, 1924
propriété de H. Pessink
 

vélomoteur Austral type A24, dessin


pub vélomoteur Austral A24


 pub vélomoteur type A24


                                                                                                                  (source photo: zhumoriste)




 


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