Motocyclettes Austral
...et aussi les tricars, les bicyclettes, la Nautilette...

Le Moteur Fixe Austral


Dans le courant de l'année 1905, Austral se mit au travail pour élaborer un moteur "maison" pour ses tri-cars, destiné à remplacer les moteurs Aster. Le nouveau moteur fait son apparition sur le prototype du "tricar à cardan" présenté lors du salon d'Automobile en hiver 1905. C'est un moteur refroidi à l'air dont la particularité réside dans le fait que la transmission de la force s'effectue du côté de la distribution, tandis que du côté opposé, une poulie fixée sur le vilebrequin entraîne un petit ventilateur qui fait souffler sur les ailettes du cylindre un vent suffisant au refroidissement.
 
Disponible avec une puissance de 3 HP ½  et 4 HP ½, ce moteur sera vite épaulé par une version 4 HP ½ refroidie à l'eau, qui utilise apparemment le même bas-moteur, mais possède un cylindre entouré d'une chemise d'eau et coulé en une pièce avec la culasse. Avec un carter s'ouvrant dans le plan du joint vertical et un cylindre borgne dont la soupape d'échappement est commandée alors que la soupape d'admission est automatique, le moteur Austral adopte l'architecture classique ainsi que les cotes d'alésage et de course (84 x 90 mm, soit 498 cm³) du moteur De Dion-Bouton 4 HP ½, qui équipait les tri-cars de course Austral gagnant le Tour de France 1906. Le nouveau moteur se différencie donc nettement du moteur Aster qui se caractérise par un carter s'ouvrant dans le plan de joint horizontal et par un cylindre avec culasse détachable.
Une description plus détaillée du moteur Austral se trouve ici.  
 
Avec ce nouveau moteur refroidi à l'eau développé à l'origine pour les tricars plus haut de gamme, Austral se lança également, du moins pour une courte durée, dans la production des moteurs stationnaires. Ce fait est confirmé par une mention de la marque dans une liste des fabricants des moteurs pour industrie datant de l'année 1906:
 

Baudry de Saunier, Annual 1906, p. 398
 
On constate, néanmoins, que le nom de l'Austral est absent dans la liste de l'année suivante. Cela ne signifie pas nécessairement que la firme ait abandonné la production de moteurs fixes après seulement un an, parce que beaucoup de constructeurs présents encore en 1906 y manquent –  la rédaction de l'Annual s'est apparemment vue contrainte de n'inclure que les fabricants les plus importants –, mais le silence absolu d'autres sources à cet égard montre clairement que l'activité de l'Austral dans ce secteur n'était jamais considérable.
 
Les cinq moteurs industriels Austral recensés à ce jour:
 
1. Musée Vivant de l'Energie à Chandai (Orne) - Philippe Le Cleuyou
 
Moteur stationnaire Austral dans le Musée Vivant de l'Energie - Philippe Le Cleuyou


2. Jean-Louis Castel
 
Moteur fixe Austral, propriété de Jean-Louis Castel 
Je remercie cordialement François Barral pour partager les photos des deux moteurs ci-dessus.

3. Michael Corne

 
Moteur industriel Austral, propriété de Michael Corne

moteur stationnaire Austral, M.C.

moteur fixe Austral, M.C.
 
 
moteur fixe Austral, M.C. 
Un grand merci à Michael Corne pour l'autorisation de publier les photos de son bijou.

4. Moteur stationnaire Austral, Lucas Lanore
 
moteur stationnaire de Lucas Lanore    


Je remercie Lucas Lanore
pour l'autorisation de publier les photos ci-dessus

 
5. Moteur stationnaire de M. Verkest
 
 
Je remercie cordialement M. Verkest pour partager les photos de son moteur.
 
Sur le piston est frappé le chiffre "87". L'alésage de ce moteur est donc légèrement plus grand que celui du moteur 4 ½ HP pour tricar (84 x 100 mm, soit 498 cm³). Il s'agit donc d'un 5 ou 6 HP, selon la course du piston choisie (100-110 mm) Le numéro 205 frappé dans le carter confirme l'impression que la production des moteurs stationnaires de la marque n'était pas importante.
 
 
Pour voir plus de détails voir le chapitre: Le moteur Austral.
 
Si l'on considère seulement le propulseur "nu", dépourvu de tous les accessoires typiques d'un moteur fixe, comme par exemple la plaque de base, un ou deux volants, un graisseur compte-gouttes, etc., la principale différence entre un moteur stationnaire et un moteur de tricar semble être l'allumage. Sur les tricars Austral, celui-ci s'effectue par rupteur (trembleur), bobine haute tension et batterie de piles ou accumulateurs. Dans ce cas, le carter de distribution du moteur porte une boîte d'allumage qui protège le rupteur actionné par l'arbre à came. Par contre, cette boîte, sa fixation et la came du trembleur solidaire avec l'arbre à cames manquent sur un moteur stationnaire, dont l'allumage se fait par magnéto. C'est pour cette raison que nous avons compté le moteur "nu" nº 4 (ci-dessus) parmi les moteurs industriels.

 



 
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