Motocyclettes Austral
...et aussi les tricars, les bicyclettes, la Nautilette...

1929 Type L1


Le 8 juillet 1929, Austral fait homologuer un mototricycle à trois roues, dont la roue avant est directrice commandée par un guidon et la roue arrière droite seulement est motrice.
 

Voici les données techniques de la camionnette type L1 de l'année 1929 selon le document d'homologation: 

Châssis-cadre: En cornière par goussets rivetés avec suspension à l'arrière par ressort du type semi-cantilever et à l'avant par une fourche à parallélogramme déformable.
Moteur: bloc-moteur du type 2 temps à lumières. 
Alésage x Course: 76 mm x 77 mm.
Cylindrée: 349 cm³ environ.
Puissance: 4 CV suivant formule du Service des Mines.
Carburateur: à niveau constant commandé par une manette au guidon.
Allumage: par magnéto haute tension.
Boîte de vitesses: à pignons baladeurs donnant 3 vitesses, commande par levier à main. 
Débrayage: par disque unique garni de Ferrodo entièrement enfermé et travaillant à sec à l'intérieur du carter. moteur. Commande par pédale au pied.
Mise en marche du moteur: par kick-starter commandé au pied et placé sur la boîte des vitesses.
Roues: de 700 x 100 à jantes dites "base creuse" pour pneumatiques à tringles de 27 x 4.
Silencieux: le moteur comporte deux sorties d'échappement d'un diamètre de 35 mm chacune. Chaque sortie est reliée à une chambre de détente par 2 tubes de 35 mm de diamètre intérieur et 25 cm de longueur. Ladite chambre de détente est d'un diamètre de 90 mm et de 300 mm de longueur. Le gaz ainsi détendu est ensuite dirigé dans un autre pot d'échappement, par un tube de 43 mm de section intérieure et de 1,20 m de longueur. Ce deuxième silencieux a la forme d'un parallélogramme de 350 mm de longueur, 120 mm de largeur, 40 mm d'épaisseur, terminé par un tube formant chicane, bouché à l'une de ses extrémités et à l'autre terminé par une queue de poisson. Ce tube est percé de nombreux trous permettant l'évacuation des gaz.
Transmission: la transmission du mouvement du moteur à la roue arrière droite se fait au moyen d'une chaîne.
Rapports: les rapports du moteur à la roue arrière sont de: en 1ère 10 à 1; en 2ème 7 à 1; en 3ème 5 à 1.
Vitesses: le diamètre des roues étant de 700 mm et le régime du moteur de 1800 tours à la minute, les vitesses sont de, environ: 1ère vitesse 23, 718 km/h; 2ème vitesse 33, 906 km/h; 3ème vitesse 47, 496 km/h. 
Freins: 1º le tricar est muni de trois freins du type à tambour de 200 mm de diamètre, avec segment de 20 mm de largeur garni de ferrodo, placé à l'intérieur du tambour qui est solidaire du moyeu, le freinage est obtenu par l'extension du segment au moyen d'une came commandée par levier.
2º Deux de ces freins sont placés sur les roues AR. et sont commandés par une pédale au pied.
3º Le troisième frein est monté sur la roue AV. et est commandé par un levier à main fixé au guidon.
4º Ces trois freins sont aussi commandés simultanément par la pédale de frein au pied avec liaison par tringle en acier rond étiré de 6 mm et 8 mm et par câble Bowden de 2 mm avec verrouillage par commande à main pour l'immobilisation du véhicule à l'arrêt.

Le Tricar de type L 1 fut homologué par le service des Mines le 8 Juillet 1929, l'essai a été effectué sur l'engin nº 501 à moteur n° 5002. Catégorie Motocycles à trois roues.
 
Vous trouverez les documents des Mines en bas de la page
 

On ne connaît aucune image de l'éphémère triporteur L 1 qui fut apparemment directement remplacé par le type L2, homologué trois mois plus tard, en octobre 1929. L'impression que le type L 1 ne fut jamais produit en série se confirme si l'on jette un coup d'œil dans l'Autocatalogue 1935, qui énumère avec dates techniques les modèles Austral de la période 1929-1935 (p. 171). Seul y figure le type L 2, mais le type L 1 est absent.

 
Le châssis
Mis à part le moteur deux-temps Moussard, c'est surtout le châssis qui différencie le type L1 du modèle L 2.
 
 
 
Breveté en juillet 1929, ce châssis est formé principalement par des longerons qui portent un châssis secondaire pour la caisse. Les longerons (11) en cornière sont d'une part reliés directement au tube de direction (16) par un boulon (19) qui traverse à la fois les deux extrémités des longerons et une oreille (20) du tube de direction , et d'autre part par l'intermédiaire de deux arcs-boutants convergents. Ces derniers sont articulés au moyen d'un autre boulon (22) à une oreille (20) du tube de direction (16). Dans leur partie qui avoisine les boulons (16. 22), les longerons (11) et les arcs-boutants sont réunis par des goussets (25. 26) rivés de forme triangulaire. Cette construction permet de démonter facilement le tube de direction en enlevant les deux boulons et de régler son inclinaison en modifiant la longueur des arcs-boutants. À cet effet, il suffit de faire varier la position des rivets. La roue avant directrice est maintenue par une fourche élastique pivotant dans le tube de direction. Le brevet prévoit encore un guidon classique au lieu du demi-volant équipant le type L2. Également classique est la fourche à parallélogramme qui, selon le brevet, n'est pas encore réalisée en tôle emboutie (L2). Le mouvement du parallélogramme est contrôlé par un ressort à boudin central. Une suspension arrière est absente car les fusées des roues sont fixées directement sur les longerons du châssis principal. C'est uniquement le châssis secondaire portant la caisse qui est suspendu par deux demi-ressorts à lames à l'arrière. À l'avant, ce châssis secondaire est articulé au moyen de deux boulons qui traversent des oreilles fixées d'une part sur les longerons et d'autre part sur le châssis secondaire.
Le bloc-moteur deux-temps Moussard est logé sous le siège du conducteur. La boîte à pignons baladeurs est à trois vitesses. La chaîne de transmission située au côté droit du châssis transmet la force motrice directement à la roue arrière droite.
 
Le Moteur
 
Éts Louis Moussard , 142, Rue Jean-Jaurès, Puteaux (Seine)
 
 

 
 
Pour le triporteur L 1, Austral se dirigea vers le motoriste Louis Moussard qui avait lancé en 1928 un bloc-moteur deux-temps de 350 cm³ (76 x 77 mm) conçu pour une transmission finale à cardan.
 
 
La Dé-Dé présentée au Salon de 1928 est munie du bloc-moteur Moussard 350 cm³ à transmission à cardan. Malgré l'absence d'une suspension arrière, la présence de deux joints de cardan est nécessaire pour compenser l'angle que forme l'arbre de transmission avec l'horizontale en raison du décalage entre la sortie de la boîte et la couronne dentée de la roue arrière.
 
 
moteur Moussard sur châssis de camionnette type L1, détail du brevet Austral 1929La transmission par chaîne sur le triporteur Austral a rendu nécessaire de disposer le moteur transversalement sous le siege du conducteur. En outre, il fallait remplacer la transmission à cardan par un pignon de chaîne à la sortie de la boîte, comme on peut le voir sur le dessin ci-contre. La position du levier de vitesse fut cependant maintenue; pour changer de vitesses, on le déplaçait donc transversalement par rapport à la direction de la marche. Ce moteur est un deux-temps classique à carter-pompe et lumières. Le carter de la boîte de vitesses se boulonne sur le logement de l'embrayage qui est venu de fonderie avec l'une des deux parties du carter moteur, qui, lui, s'ouvre dans le plan de joint vertical. La cloche de l'embrayage fait aussi office d'un volant d'inertie. L'embrayage monodisque est garni d'amiante ("Ferodo") et travaille à sec. Le fait que Moussard se manifestait dans sa publicité contre l'utilisation des vilebrequins montés en porte-à-faux permet de supposer que ce moteur possède un embiellage à deux masses monté sur des roulements à billes. Le cylindre à culasse détachable est en fonte et vissé par quatre écrous sur le carter en aluminium. Le démarrage s'effectue par un kick-starter que l'on actionne du coté droit du véhicule.
La magnéto haute tension est fixée sur le demi-carter en avant du moteur et est entraînée directement par le vilebrequin au moyen d'un toc. Sur la boîte de vitesses est montée une dynamo, entraînée apparemment par la cloche de l'embrayage.
 
 
Le dossier des Mines

1. Demande de réception auprès du service des Mines du tricar type L1

Le 26 juin 1929, le président du conseil délégué de Cycles Austral, Édouard Cheilus, demande au Préfet de Police de faire réceptionner par le service des Mines le type Standard 28 pour l'homologation en série.
 
 
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2 a. Document descriptif du type L1, signé par l'ingénieur en chef des Mines, M Niewenglowski et par l'inspecteur des automobiles, M Cléro.

La description du type L 1 dans ce document est incomplète en raison du fait qu'on a collé une bande de papier avec une description du silencieux plus exhaustive que la description originale sur le document, de sorte que le texte traitant de la transmission, des rapports et des vitesses est dissimulé. C'est pourquoi on a adjoint à ce document une transcription complète du texte (ci-dessous, nº 2 b) .
 
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2 b. Document descriptif complémentaire

Ce document, conçu essentiellement pour être remise au client avec sa machine, offre une transcription du texte ci-dessus (nº 2 a) qui contient les passages manquant dans la description pour le service des Mines.
 
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3. Calcul de la puissance fiscale et rapport d'essai du type L1

courtoisie Didier Mahistre

Tricar "Austral" type L 1. Soc. Anonyme des Cycles Austral, constructeur.
Moteur Moussard — 1 cyl. 76 / 77, cylindrée 349 cm³. Puissance déclarée 4 CV. Vitesse max. — ?
La formule du 11-4-27 donne 4 CV pour 350 cm
³. Puissance 4 CV.
Essais du 8 juillet 1929 : 2 bons freins, l'un à pédale agissant sur les roues AR. l'autre à main agissant sur la roue avant. Type acceptable.
Véhicule essayé nº 501 à moteur nº 5002 (Moussard). 

4. Description du silencieux du tricar L 1 avec un croquis descriptif de l'appareil 

À la demande du service des Mines formulée à l'occasion de l'essai du type L 1, Cycles Austral a fourni une description exhaustive du silencieux du type L 1, avec un croquis descriptif de l'appareil. 
 
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Chapitre créé le 25 janvier 2014   MAJ le 28 août 2020
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