Motocyclettes Austral
...et aussi les tricars, les bicyclettes, la Nautilette...

1926 Type Confort



motocyclette Austral type confort 2 échappements, pneus ballon, 1926

 

Caractéristiques techniques:
 
Moteur: Poinsard à deux temps, distribution par lumières. Alésage 60 mm Course 60 mm.
Cylindrée: 169,646 cm³. Volant extérieur piston fonte, roulements à billes ou à rouleaux. Type Sport à deux échappements.
Allumage: par alternateur Safi, pouvant fournir la basse tension d'éclairage, avance fixe.
Carburateur: Longuemare, une manette.
Graissage: par pétroil.
Boîte de vitesses: Staub trois vitesses, grand levier coude sur la boîte, embrayage par disques liège-acier, commandé par cable et poignée au guidon. Kick-starter. Rapports 1 à 5,75, 1 à 9,25, 1 à 13,75.
Chaîne: de 1/2 x 1,4 sous carter avant et garde chaîne arrière.
Roues: de 650 mm, pneus ballon de 75 mm Dunlop à tringle sur jantes à bases creuses. Moyeux à freins internes dans des tambours de 90 mm x 16 mm.
Cadre: en tubes droits soudés à l'autogène. Hauteur de selle 75 cm, distance de la selle aux poignées 61 cm. Largeur maxime du guidon 85 cm, hauteur du point le plus haut 85 cm, le plus bas (tuyaux d'échappement) 10 cm, empattement 1,32 m.
Fourche: articulée à ressort à lames.
Réservoir: de pétrole 7,5 L. bouchon vissé de grand diamètre réserve d'huile et trousse métallique attachées au porte bagages.
Béquilles avant et arrière, garde boue de 11 cm.
Selle rigide.
Couleur: Email noir, panneaux cerise.
Poids: 65 kg
Prix: 3650 fr

 
Essai d'une Austral Confort, paru dans Moto Revue 1926, no 200 p. 337:

motocyclette Austral Confort, 1926, 2 échappements

 
Essai d'une "Austral" Confort


Légère et douce à conduire, malgré cela confortable par ses gros pneus, cette "Austral" attire particulièrement pour la probité et la solidité de sa construction.

Pour présenter une Austral, il n'y a qu'à rappeler que cette marque est la première marque française ayant fabriqué en deux temps. Ayant de 1905 à 1913, sorti nombre de tricars, elle lança un an avant la guerre, une série de motos légères qui remportèrent immédiatement de nombreux succès sportifs.

Le modèle en essais, le dernier né d'Austral, prouve, par de nombreux détails: moteur à deux échappements, boîtes 3 vitesses, transmission par chaines, freins à tampon, pneus confort, que, grâce à ses 13 années d'expérience, la firme créatrice reste en tête du progrès. Seule, dès le premier aspect, la forme plutôt désuète du cadre et la position haute de la selle nous rappellent que la perfection n'est pas de ce monde.

Un essai plutôt rapide 

De même que la quasi-totalité des constructeurs, M. Dacier, créateur de l'Austral est débordé par les exigences de la clientèle. Aussi n'avait-il aucune machine en stock lorsque je vins en ses ateliers de Puteaux pour faire un essai, et ce fut la dernière machine sortie, prête à partir qu'il me fut donné d'emmener. Il ne pouvait être question d'en retarder outre mesure l'expédition, ce pourquoi je dus me contenter de l'utiliser durant une soirée aux environs Nord-Ouest de Paris. Nous n'aurons donc pas des chiffres de consommation précis, car quelques dizaines de kilomètres en un rayon resserré de la banlieue ne donneraient que des indications erronées. Nous ne pourrons non plus affirmer les possibilités de vitesse absolue, car un moteur neuf ne souffre pas facilement d'être poussé à fond.

 Examen de détail

Grosse moto, l'ensemble donne une impression de confiance, par son aspect solide et fini. Il est, certes, des cadres plus joliment dessinés, soit de lignes courbes plus suaves, soit pour une position de selle plus basse. Il n'en doit pas être de plus robuste et de plus net. Toute apparait comme facilement accessible, la boulonnerie a bonne allure. Les commandes: câbles, tringleries, sont réduites au minimum, sans tarabiscotages, sans rien qui puisse brinqueballer. En particulier le guidon est fort propre, ses 4 câbles soigneusement attachés au cintre évitent l'allure habituelle de perruque flottant au vent.

Les poignées (frein, débrayage) ont un système amusant de réglage et de fixation pour le câble qu'elles actionnent: ce câble s'enroule sur un axe à crochet. Avec un tourne vis une fraction de tour retend instantanément le câble. En libérant le cliquet, celui-ci se détend. Point de soudure ou de serre câble, l'enroulement suffit.

La béquille avant est placée sous le moteur. Un ressort la rappelle après usage. Placée au dessous du centre de gravité, elle peut servir également pour la roue arrière. Prévue, comme la béquille arrière, assez haute, elle décolle largement la machine du sol et donne toutes les aises voulues pour le démontage des roues. Les gardes-boues sont montés sur tringles plates, d'aspect très solide.

Le moteur Sport ne diffère que peu du modèle courant. Il en conserve le piston fonte, robuste et inusable, le cylindre entièrement usiné, la bielle plate dont le pied, fendu, serre l'axe du piston. La différence essentielle est dans la large sortie d'échappement, à deux gros tubes cintrés se terminant pas deux chambres d'expension. On peut donc considérer ce moteur comme un moteur traité "demi-sport", c'est à dire quelque peu accéléré, respirant mieux, sans qu'aucune atteinte n'ait été portée à sa solidité et à sa durabilité.

L'alternateur Safi, qui fournit l'alternage, et sur demande l'éclairage, est d'un nouveau modèle. Il y a quelques mois en essayant une D.F.R 250 cmc munie du même appareil, nous avons porté les critiques suivantes: faiblesse du volant, manque de préservation contre les projections d'eau de la sortie courant, légère difficulté d'accès aux vis platinées.

Du premier défaut la 175 cmc Austral ne saurait souffrir, le poids du volant (calculé d'ailleurs pour cette cylindrée) étant suffisant. La prise de courant vers la bougie étant placée à l'arrière et en dedans de l'alternateur ne craint plus aucunement la boue. Enfin, le couvercle du carter de volant étant instantanément détachable, l'accès aux vis est plus pratique que par l'ancienne petite porte qui voulait toujours se perdre.

Seule critique nouvelle: ce couvercle étant en tôle emboutie et simplement emboîté sur la partie fixe, n'est plus étanche comme l'ancien Safi à carter fondu et ajusté. La boîte de vitesses Staub présente aussi quelques nouveautés: meilleure disposition de la commande d'embrayage dont le réglage est infiniment plus agréable. Grosses rotules au changement de vitesse, mais sans rattrapage de jeu ni prévision de graissage. Dans tout l'ensemble de la moto Austral, dont l'aspect général est tout de solidité, une seule partie détone par son apparente faiblesse, c'est le porte-bagages. Mais M. Dacier, qui, parmi les constructeurs a le mérite de rouler constamment et la légitime prétention de connaitre ses engins, a pu m'affirmer que loin d'être fragiles, malgré leur faible épaisseur, ces accessoires de sa machine supporteraient réellement un pénible travail de tandem.

Grande douceur de maniement

Le moteur démarre au premier coup de kick. Les vitesses passent nettement, le moteur n'est pas brutal, l'embrayage très doux. Les accélérations sont suffisantes, les freins efficaces. Grâce aux pneus "ballon" il n'y a pas lieu de ralentir outrageusement sur les mauvais passages de route et il est possible de faire d'assez bonnes moyennes. Nous déclarerons en passant, qu'après un court essai d'une machine munie d'une selle à siège rigide, il nous apparait une fois de plus qu'une bonne selle fournit au moins 30 % du confort en motocyclette.

L'Austral est très douce à conduire en ce sens que toutes les commandes, principalement la direction, ne demandent aucun effort physique et que la souplesse de son moteur ne peut que rassurer les gens d'âge.

Ainsi, la vitesse minimum, prise sur une centaine de mètres de marche régulière est de dix kilomètres en troisième, sept à l'heure en seconde et quatre en première. Peu de motocyclettes actuelles sont capables de ce ralenti. Nous répétons que l'état de neuf de la motocyclette essayée nous interdisait moralement de faire un essai de vitesse maxima. Nous avons remplacé ces mesures par de courtes pointes durant lesquelles il nous est nettement apparu dépasser le soixante. Il est donc plausible que l'Austral double échappements atteigne le soixante-dix dont le constructeur se porte garant.

La consommation peut osciller, nous a-t-on également dit, de deux litres et demi à quatre litres suivant le parcourt utilisé, l'allure moyenne, etc. Rien d'étonnant donc à ce qu'un "trou" assez sérieux, tendant vers les quatre litres aurait été creusé dans le réservoir pour les soixantes kilomètres de l'essai par Puteaux, Nanterre, les bords de la Seine, le bois, Paris. Les aptitudes au grimper sont vite vérifiées dans l'ascension de la Défense, plus rapide en seconde qu'en prise directe. La pénible côte de la rue de Metz (15 % environ) à Puteaux, attaquée en seconde se termine en première. Nous avons indiqué le freinage comme satisfaisant. Les freins ne bloquent pas, mais sont cependant effectifs, l'avant relativement plus que l'arrière. Mais celui-là a l'inconvénient de grincer horriblement, défaut qui peut-être celui d'une machine et non d'une série.

La stabilité est plus que normale. Il est possible de lâcher le guidon sur de mauvais trajets pavés, les virages les plus courts se prennent aisément. Le bruit de l'échappement n'offense point les oreilles. Les deux gros tubes d'échappement, formant pot dès la sortie du cylindre ont certainement une grosse part dans ce silence de l'Austral "Sport". Aucune pièce ne ferraille, ni tringlerie, ni garde-boue, et c'est encore un fait agréable à noter. 

Considération d'ensemble

On peut donc considérer que l'Austral-Sport, à pneus ballon, est une bonne machine d'usage moyen, service journalier et promenades dominicales. Le sérieux de son montage, l'aspect robuste des différentes pièces détachées qui nous avons examinées permettent d'espérer d'elle de long et loyaux services. D'une vitesse largement suffisante pour la route, munie de pneus confortables elle emmènera sans fatigue son cavalier en des étapes de deux cents à trois cents kilomètres. Ces mêmes pneux la rendent spécialement adéquate à l'usage du tandem. Mais à notre opinion, que son moteur à deux échappements n'effraie point les gens raisonnables. Il ne s'agit point là d'une machine de course ou à trop haut rendement.                   M. K.


motocyclette Austral du type Confort 1926, encart publicitaire





 
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